Pierre Benet remet la cape des Compagnons à Françoise Vidal.
La petite chapelle de Saint-André tutoyait la voûte des nuages en ce lundi 2 avril, journée de retrouvailles pascales pour les Compagnons de Roubichoux et leurs nombreux amis. Couverts par une tranquillité de façade, les membres de la Brigade et Michel Boussioux, grand intendant, soignaient les ultimes préparatifs d’un rendez-vous d’amis gastronomes. Tandis que sous la nef d’un lieu saint relevé de ses ruines, le Père Georges Passerat célébrait la messe de l’octave. Office dont le dernier acte permettra la bénédiction d’une plaque souvenir apposée dans la chapelle, à la mémoire de Claude Vidal, accompagné vers sa dernière demeure, le 7 décembre dernier à Villalier.
Derrière la bannière de Patrick Hoff, grand massier, les Compagnons rejoignaient alors leurs invités pour célébrer un nouveau Chapitre, face aux petites Pyrénées baignées de lumière. En l’absence de Jean-Louis Goepfert, grand maître retenu sous d’autres latitudes, il revenait à Pierre Benet, grand chancelier, d’ouvrir une cérémonie placée sous le signe du souvenir.
Souvenir du compagnon et ami Claude Vidal, intronisé en 2007, récipiendaire de la cape des Compagnons en 2008, et parrain du magnifique théâtre de verdure, dont il fut le mécène tutélaire. Pierre Benet allait également rappeler comment Roubichoux est devenu un centre d’essais pour les nouvelles machines agricoles de la société carcassonnaise Majar, dont Claude Vidal était le président. En ce Lundi de Pâques 2018, la cape de Claude s’est retrouvée posée sur les épaules de Françoise, son épouse, à l’initiative des Compagnons de Roubichoux, fidèles en amitié.
Malgré la froideur ambiante, ce chaleureux Chapitre a permis aux néo médaillés Gérard Nicol, René Valentin et Nicolas Doutre de rejoindre un cercle de bâtisseurs épicuriens, trop heureux d’inviter l’assemblée à goûter le chardonnay du Clos Roubichoux, Cuvée 2016.
Le théâtre de verdure a accueilli un nouveau Chapitre
Pierre Benet a renouvelé un message d'amitié à Françoise Vidal
Gérard Nicol, une fine lame à Roubichoux
René Valentin a salué la mémoire de son complice disparu
La médaille des Compagnons pour Nicolas Doutre
L'hommage de Patrick Hoff à l'ami Claude
Célébrée dimanche 26 septembre, la 8e édition de la fête du hameau de Roubichoux a vu chapeaux de paille et sécateurs investir une nouvelle fois la vigne paysagère du Clos Roubichoux. Comme tous les premiers dimanches d'automne, le temps de la vendange venu, les compagnons et leurs invités ont procédé à la cueillette du raisin, à l'ancienne et avec le précieux concours de chevaux comtois. Avant d'entrer dans la vigne plantée à flanc de coteau, la colle était invitée à déguster un solide petit-déjeuner vigneron composé de « cansalade » et saucisse, accompagnées de merlot et syrah. « Mousseigne » en tête, cent vendangeurs munis de petites caisses ont alors délesté les 1000 pieds de vigne de leurs grains précieux, pour une vendange 2010 de moindre quantité au final, soit un tiers de moins que la récolte habituelle, conséquence de la sècheresse.
La fête allait se poursuivre aux côtés de la Confrérie des Compagnons de Saint André de Roubichoux, réunie dans un superbe théâtre de verdure, cadre d'un 16e Chapitre. Jean-Louis Goepfert, grand-maître de la Confrérie, prononçait un ardent discours d'ouverture, avant que Pierre Bénet, grand chancelier, ne procède à la remise de médailles, gages de remerciements envers bénévoles, donateurs et partenaires. Le protocole était respecté et la cérémonie d'intronisation permettait d'honorer deux des compagnons présents depuis le début de l'aventure, Pierre Roland venu de Montargis, et Jean Juan, militaire aux nombreux états de service, "auquel ne manquait peut-être au revers de la veste, que la médaille des Compagnons". Egalement salués, Richard Andrieu, Jean-Paul Cubilier et Bruno Santarosa, cuisiniers de leur état, jeunes retraités passionnés par l'aventure des Compagnons et fidèles depuis une belle dizaine d'années, l'amie Momo, Mauricette Jasse, et Roger Rosich conseiller général.
Imperturbable malgré l'aquilon, Patrick Hoff grand massier de la Confrérie, faisait corps avec un étendard qui pliait sans rompre, juste avant de régaler l'auditoire de deux fables de Jean de la Fontaine. Ne manquait en réalité que le loup, car le chien était bien là, venu donner une réplique parfaite à l'initiateur du théâtre de verdure.
L'heure était venue de déguster le Chardonnay 2009, le regard tourné vers les Pyrénées et un œil sur la braise, que Guido Calvène couvait depuis le matin. Les 200 convives ne tarderaient pas à passer à table, tandis que l'après-midi serait consacrée à la visite de la chapelle Saint André, des champs truffiers et des ruches.
L'ambiance festive et conviviale allait perdurer aux abords de la Tour Basse, témoin de cet art du bien vivre que les Compagnons de Roubichoux cultivent et perpétuent depuis deux décennies.